Elliot Compiègne est un artiste lillois né en 1998 et diplômé de l’ESÄ Tourcoing en 2023. Depuis 2022, il développe une pratique du dessin, du livre d’artiste, de l’estampe et de la peinture de manière complémentaire. Elliot occupe un atelier à la Pouponnière, à Lille, depuis septembre 2025.
C’est un chaos organisé dont il est l’artisan. Les mathématiques et le hasard guident et il exécute. La grille est omniprésente. Le papier, la toile et la matrice deviennent des axes. Les points sont placés méthodiquement, les lignes tracées avec précision. Des formes apparaissent : un monde est en construction. Le vocabulaire graphique est simple, presque banal, et le protocole se décline de manière empirique. Un exercice combinatoire entre le jeu de dés et le puzzle se met en place, une quête infinie et absurde à la recherche de formes parfaitement identiques. En attendant cette occurrence qui conclura le cycle, Elliot expérimente.
Les données numériques s’accumulent. Le dessin est le révélateur. Le livre archive. L’estampe et la peinture soulignent les singularités et les répétitions. Divers procédés sont sollicités pour extraire les formes de leur froideur algorithmique : fabrication de peinture, décalages, superpositions, monotypes, etc.
La place de l’artiste est finalement interrogée. Dans toute cette machine, l’algorithme est roi. Que nous reste-il lorsque l’ordinateur exécute en une fraction de seconde ce qui prend une semaine à façonner ? Le temps, le geste et l’erreur.
Évolution de la pratique artistique depuis 2024
Je développe à partir de 2024 une pratique de la peinture en parallèle de ma pratique de l’estampe, me permettant de renouveler et de faire évoluer certains aspects de ma recherche : rapport à la méthodologie (travail de la touche), place des outils et matériaux dans le processus de création (fabrication de pigments et de peintures), nouveaux protocoles.
Cela a pour résultat d’affiner mon vocabulaire plastique ainsi que de faire émerger une réflexion qui n’était pas encore apparue dans ma démarche : la place de l’interprétation. Je relie l’interprétation dans ma pratique à des phénomènes comme la paréidolie, processus intervenant lors de l’analyse de formes abstraites et aléatoires par le cerveau, créant une interprétation d’éléments naturels comme les nuages, la végétation, etc.
Dans ce cadre, je travaille depuis 2025 sur les paréidoliques (titre provisoire). Il s’agit d’un projet qui se décline en “hypothèses” et en séries. Les hypothèses servent à l’expérimentation de techniques / protocoles. Par exemple : fabrication de certaines peintures dans un but spécifique ou non, sélection de formes à partir d’un protocole, ... . Les séries permettent de faire une synthèse des recherches effectuées. Les séries sont composées de dessins respectant un protocole précis. Il sont compilés dans des livres d’artiste et une série de peintures / estampes est réalisée à partir des dessins.